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CTPD du 13 octobre 2006

paru le vendredi 13 octobre 2006 , par Jimmy Derouault

Déclaration de la FSU 58 au CTPD du 13/10/2006

Les choix du gouvernement en matière d’éducation sont clairs : ils sont basés sur le fait que tous les jeunes n’ont pas les mêmes chances et que tous n’ont pas besoin de qualification. Donc que tous les jeunes n’ont pas leur place à l’école, et qu’un certain nombre de connaissances ne sont pas indispensables pour tous.
Cela se traduit par des économies de personnels et de moyens financiers pour l’Education Nationale.
C’est ainsi que le bilan d’orientation que vous nous présentez aujourd’hui ne nous étonne guère malheureusement. Les chutes des résultats que l’on peut constater sur les documents ne font que refléter l’échec des politiques menées ces dernières années dans notre département. Et le projet de budget 2007 du gouvernement ne nous rassure pas, loin de là.

Les attaques menées contre l’école maternelle se traduisent par une baisse de la scolarisation des 2 ans (qui passe sous la barre des 30 %) d’une part, et par l’augmentation du nombre d’école maternelle dont la moyenne des effectifs par classe passe au -dessus des 25 d’autre part. A ces attaques, les parents d’élèves ont répondu par des occupations d’école, au mois d’octobre, un mois après la rentrée, alors que nous vous avions prévenu lors du groupe de travail de la situation explosive de ces écoles.
M. l’Inspecteur, lors de ce même groupe de travail, vous nous avez parlé de Claire Brisset et de son livre, je voudrais vous rappeler ce qu’elle dit : « L’école n’est pas un mode de garde, les enfants sont 25 ou 30 par classe. Or, à deux ans, ils ont besoin de beaucoup de sommeil, d’attention, de protection et d’affection ».
Nous sommes parfaitement d’accord et plaidons pour que l’école s’adapte aux besoins de l’enfant, en termes de personnels, de rythmes et de locaux. Christine Bellas-Cabane, pédo-psychiatre et présidente du syndicat des médecins de PMI affirme : « Si ces besoins sont respectés, cela peut être une chance pour certains".
Anne-Marie Gioux, inspectrice générale, dit la même chose. Elle y voit même un outil pour lutter contre les inégalités, un facteur de réduction des sources d’échecs pour une partie des enfants, s’ils sont accueillis dans de bonnes conditions avec un vrai projet éducatif et pédagogique.
Le SNUipp milite depuis longtemps pour la création de classes passerelles telle que celle de l’école Brossolette. Nous regrettons que cette expérience ne soit pas plus mise en avant.
Beaucoup de communes ayant des problèmes de garde d’enfants pourraient pourtant s’en inspirer et ce avec une association de partenaires dont l’Education Nationale serait le moteur. Je pense par exemple à Saint-Eloi. Le service public s’enorgueillerait à travailler avec d’autres pour résoudre ce problème plutôt que de rejeter le problème sur les autres sous prétexte de décentralisation.

Dernier point : l’accueil dans les écoles, collèges et lycées des jeunes de familles sans-papiers. C’est la fierté du service public d’Education nationale que d’assurer le droit à l’éducation de tous, quelle que soit leur situation ; nos collègues qui y contribuent y sont profondément attachés.
Même si pour l’instant nous n’avons pas connaissance de problèmes d’inscription ou d’intervention policière dans les établissements scolaires nivernais, il n’en est pas de même ailleurs. C’est pourquoi la FSU vous demande solennellement, si le cas se présente, d’user de toute votre autorité pour que la possibilité de poursuivre sans risque une formation soit assurée à tous les élèves scolarisés et que les interventions policières visant à la recherche d’élèves ou de familles en situation irrégulière à l’école ou à ses abords cessent. Nous souhaitons que leur scolarité puisse se dérouler sans menace . Nos collègues montrent régulièrement leur volonté de défendre ce droit à l’éducation prévue dans les conventions internationales signées par la France ; ils attendent de leur hiérarchie un soutien sans faille.