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Un rythme soutenu pour un congrès de deux jours : projet de société, efficacité, militantisme ...

Comme il se doit, Jimmy Derouault a exposé le rapport d’activités de la FSU 58 des trois dernières années :

RAPPORT D’ACTIVITÉ DE LA FSU 58
2010/2012

" Pendant ces 3 dernières années, la FSU 58 a, comme à son habitude, comme la FSU nationale le fait aussi, comme son histoire syndicale lui impose, essayé d’être présente partout où la présence des salariés étaient nécessaires.
Si son action s’inscrit dans l’activité nationale de notre fédération, et si la majorité de celle-ci se porte sur l’Éducation Nationale, elle n’a pas oublié la société qui l’entoure ni le reste du monde. Comme les 4 précédents rapports d’activité que nous avons pu vous soumettre, celui-ci laisse apparaître un temps fort mais qui reste un moment parmi les autres d’une activité syndicale qui ne s’arrête jamais ...

La loi sur la réforme des retraites a été promulguée le plus vite possible à deux heures du matin la nuit du 9 novembre 2010. Ce combat contre cette réforme régressive a été un moment important de notre action durant ces trois années. Alors qu’au moment de sa promulgation, 71 % des citoyens rejetaient cette réforme et plus des deux tiers de la population ne soutenaient plus le gouvernement en place, notre combat syndical n’a pas abouti comme nous l’aurions souhaité. Les effets de la réforme des retraites n’ont été que très relativement atténués par le nouveau gouvernement avec pour celles et ceux qui travaillent depuis l’âge de 18 ans, la possibilité de partir plus tôt. Les fédérations ont été unies durant ce combat et ont gagné l’estime des salarié-es, les choses ont été plus difficiles après. Durant cette période, la FSU 58 a tenu toute sa place, cherchant à fédérer les organisations syndicales n’ayant pas forcément les mêmes objectifs : du retrait à la négociation sur certains points, les discussions en intersyndicale ont quelquefois été difficiles. D’autant plus difficiles que les intersyndicales nationales n’appelant qu’à des manifestations certains jours laissaient aux départements la responsabilité d’aller plus avant sans rencontrer sur le terrain l’unanimité sur cette question. La FSU 58, tout en oeuvrant pour des formes d’actions capables de changer le scénario, n’a pas réussi, comme elle l’avait fait en 1995, 2003 ou 2008 à engager les salariés de son champ de syndicalisation dans des actions capable d’enclencher les choses.

Durant ce dernier mandat, il a été aussi beaucoup question de lutte contre la xénophobie. Le précédent gouvernement ayant été en l’espèce le pire depuis très longtemps. De Besson à Hortefeux, de la chasse aux roms au débat sur l’identité nationale, du discours de Grenoble à la circulaire sur les étudiants étrangers, la période a donné envie de vomir plusieurs fois. La FSU 58 a préféré d’autres réactions comme la manifestation du 4 septembre 2010, un concert le 7 mai 201, le boycott et un communiqué à l’occasion du débat sur l’identité nationale et sa continuelle présence dans le Collectif Nivernais contre l’Expulsion d’Enfants et d’Adolescents Scolarisés.

Cette présence sur les questions sociétales s’est prolongée lors des manifestations pour Gaza, contre la guerre en Lybie, en Afghanistan et sur un autre plan pour la réhabilitation des fusillés pour l’exemple.

Mais c’est bien sûr lors des actions en faveur de l’Éducation que la FSU 58 a montré le plus ses capacités de mobilisations. Capable de répondre présente lors des initiatives nationales telles la manifestation à Paris du 30 janvier 2010, la grève du 10 février 2011 et les doubles rendez-vous à Dijon et Paris du 19 mars 2011, elle a aussi été capable d’initier des actions originales telles les rallyes pour l’école (2011) et les soupes à la grimace (2012). Les manifestations les jours de Conseil Départemental de l’Education Nationale perdurent même si leur impact est difficile à évaluer.

Sur d’autres questions où la nécessité de montrer son opposition était indiscutable - et les temps ont été propices à cela - la FSU 58 a fait de son mieux pour rassembler. La défaite de la lutte contre la réforme sur les retraites passée, les rassemblements se sont multipliés : contre la venue de Sarkozy à Cosne, pour un autre partage des richesses le 11 octobre 2011, contre l’austérité déjà le 13 décembre 2011, contre les 35 euros pour aller en justice, à l’occasion de la conférence sociale cet été, contre le Traité budgétaire européen sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance le 30 septembre 2012 et enfin à chaque fois que la CSE appelle à des journées européennes de mobilisation comme le 14 novembre dernier. Plus spécifiquement, nous avons été présents pour la Poste en janvier 2010 ou pour nos salaires le 31 mai 2011.

Nous avons essayé de constituer, avec le P.C.F., un comité nivernais des États Généraux des Services Publics mais qui n’a pas été suivi d’effets faute d’organisations prêtes à s’y investir pleinement.

La section des retraités ne se réunit plus mais les retraités de la FSU peuvent continuer de manifester pour la revalorisation de leur pension, contre la dévalorisation de leur pouvoir d’achat et pour l’amélioration de la qualité des soins comme ils l’ont fait le 24 février 2010 ou le 25 novembre 2010.

- FSU région et CFR : Le congrès de Marseille a voté la création des CFR. Au niveau régional, les CFR se réunissent environ 3 fois par an avec des élu-es par syndicat et par section départementale. Ces réunions permettent de mieux coordonner le travail régional que la FSU Bourgogne assume, d’enrichir le fonctionnement des sections départementales par les échanges qui ont lieu, de connaître l’activité des syndicats nationaux ...

Les CTSD et CTA remplacent les CTPD et CTPA. La FSU 58 a obtenu, à l’occasion des dernières élections professionnelles (très controversées du fait du vote électronique), un siège supplémentaire et est la seule organisation a avoir une majorité qui lui permet plusieurs choses comme la possibilité de demander la convocation du CTSD.

Les CDEN et CAEN qui concernent le secteur de l’éducation nationale font coexister dans une même instance représentant-es des collectivités, des parents d’élèves et des élu-es du personnel. Mais devant l’absence de débat de fond dans ces instances, la FSU 58 a répondu à la proposition d’un conseiller général de créer un autre espace espace de discussion, d’échanges et de proposition en contribuant très largement à la réunion de deux “autres CDEN”.

- Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail : Les compétences du CHS se sont élargies aux “Conditions de Travail”. Avec des pouvoirs accrus, le CHSCT devrait pouvoir mieux suivre les problématiques liées aux conditions de travail, visiter les établissements ... Le nouveau CHSCT de l’éducation nationale a élu comme secrétaire un militant de la FSU et nous nous en félicitons. La FSU 58 a d’ores et déjà transmis ses demandes d’axes de travail qui devront être suivis par cette instance ".

Sur la forme des textes de congrès : tous ont été de l’avis que la densité des textes et la redondance de certaines formulations nuisent à leur lecture et incitent peu les collègues non militants à en prendre connaissance. La demande "remontera " au national en vue d’une meilleure lisibilité - au sens propre ! - du syndicalisme. Nous demandons aussi l’abandon du vote électronique.

Sur le climat général, un extrait de l’allocution d’ouverture : " on parle de crise, cependant le capitalisme veut toujours des taux de rendement de ses actions démesurés, contraignant les Etats à prendre des mesures de réduction des services publics, des droits sociaux, des rémunérations.
L’écart entre les plus riches et le reste de la société ne fait que s’accroître. Le nouveau gouvernement, installé depuis 8 mois, refuse la mise en œuvre d’une autre politique.
Ce n’est pas un congrès ordinaire car il arrive en plein débats et concertations : sur l’école, sur la décentralisation, sur le code de travail et d’autres sujets sociétaux.
Le changement de méthode est bien réel, néanmoins la réhabilitation des services publics et de la fonction publique doivent déboucher sur du concret.
Ce n’est pas un congrès ordinaire car il arrive au moment où se discute l’ agenda social de la Fonction publique.
La FSU considère que les enjeux nécessitent une intervention la plus large possible des personnels et appelle à la grève dans la Fonction Publique le 31 janvier 2013. Elle considère que le rôle de l’État est aujourd’hui de donner les capacités d’agir pour améliorer la qualité des services rendus à tous les usagers sur l’ensemble du territoire et dans le même temps d’améliorer les conditions de travail et de rémunération des agents.

Sur le fond

Une grande attente s’exprime chez tous les participants quant à la feuille de route de la FSU. La vigilance est de mise et les échanges intéressants sur l’entrée ou non de la FSU dans la CES, la place des services publics à reconquérir, sur les oublis dans les textes par rapport aux sans-papiers et au droit d’asile etc.

Plusieurs syndicats étaient représentés :

Snuipp, SNES, SNETAP, SNUEP, SNETAP ... le thème 1 consacré à "l’éducation, la formation, la culture et la recherche" a occupé une place particulière dans cette période où tous les regards sont tournés vers l’ Ecole. La FSU ne voit pas clairement dans la "refondation de l’école" le projet de société et le citoyen que nous voulons éduquer.
La rupture avec les anciennes réformes est nette et les intentions sont encourageantes : la formation des enseignants, des moyens promis pour le premier degré, l’idée du "plus de maîtres que de classes" qui est retenue, la réapparition des Rased dans les textes ; cependant, la FSU reste vigilante sur les modalités de mise en oeuvre pour le 1er degré. Tout reste à construire : une formation, mais quelle formation ? Des nouveaux programmes, mais quand et lesquels -socle commun ou non-
Les congressistes se sont prononcés à 100% contre "l’enseignement d’une morale officielle" car on n’enseigne pas des vérités établies.

La FSU demande que la réforme des lycées soit abandonnée (avec notamment l’arrêt du contrôle continu qui remet en cause les épreuves nationales et donc le caractère national du diplôme, l’abandon de l’accompagnement personnalisé stérile). Les chercheurs s’inquiètent également quand à la dépendance vis à vis des sponsors ; il en est de même pour l’orientation qui, déférée aux collectivités territoriales, pourraient s’avérer dépendantes de celles-ci.

En d’autres termes, tout reste à faire et le débat focalisé sur les rythmes scolaires risque de mettre à mal cette "refondation de l’école" que nous appelons de nos voeux" en dirigeant les regards et les énergies vers ce seul sujet ; la FSU exige un cadrage national de sorte que le temps scolaire soit repensé, non seulement au niveau de la semaine et de la journée mais aussi de l’année ; en effet, les élèves en France ont 144 jours de classe au lieu de 180 dans la plupart des autres pays. Or, les acquisitions des élèves sont meilleures quand les apprentissages sont répartis sur plus de temps. D’autre part, il ne s’agit pas d’enlever le sport et la culture des programmes pour les transférer aux collectivités territoriales dont les ressources inégales ajouteraient, de fait, de l’inégalité dans le rapport au savoir au lieu de donner "mieux d’école". Il faut, par conséquent, que l’ Etat donne aux municipalités les moyens de fonctionner au-delà de la seule mise en place.

Suite du programme à Poitiers où deux représentantes syndicales nivernaises siégeront.

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