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Discours du 22 mars de la FSU 58

paru le jeudi 22 mars 2018 , par Webmestre FSU58

Chaque organisation syndicale devait traiter d’un thème lors des prises de parole devant la préfecture de Nevers. La FSU 58 a développé la question du statut :

Au nom d’un besoin de modernisation,
Au nom de l’égalité entre les salariés privés et publics,
Au nom de la souplesse,
le gouvernement propose un certain nombre de mesures mettant à mal le statut des fonctionnaires.
- Développer le recours aux contrats qui précarise et sape l’indépendance des fonctionnaires,
- Rompre les solidarités en matière de rémunération entre les trois versants de la fonction publique,
- Instituer la rémunération au mérite.
Sur ce point, je m’arrête quelques instants. Pourquoi est-ce dangereux ?Parce que cela met les agentes et les agents en concurrence entre eux, parce que cela empêche le travail en équipe ; parce que cela soumet les fonctionnaires au bon-vouloir de petits-chefs / et alors le harcèlement moral n’est pas loin. Et oui comment refuser alors de travailler bénévolement en-dehors des heures de travail ou pour des tâches non prévues dans notre emploi.

Ce gouvernement veut miner les bases du statut et ce qui permet aux services publics de répondre aux besoins de la société.
Mais les fonctionnaires en ont connu d’autres. Comme ses prédécesseurs réactionnaires de l’histoire, Macron échouera.
Avec les personnels et les usagers des services publics, nous sommes là pour nous opposer à ceux qui cassent les services publics pour les livrer au privé.
Les casseurs choisissent d’ignorer qu’une de nos missions essentielles est de permettre à chacun / partout / et quelle que soit sa situation / de bénéficier de l’effectivité de ses droits  : éducation, santé, sécurité, logement, mobilité, etc.
Mais nous sommes là pour le leur rappeler.

Comme nous rappellerons toujours que les services publics respectent des principes fondamentaux comme
l’égalité de traitement ! pauvres ou riches, urbains ou ruraux, geek ou nul en informatique, jeune ou vieux, les citoyennes et les citoyens doivent bénéficier du même service.
la continuité ! Et oui, les services d’urgence sont ouverts 24h/24 / Et oui sauf des jours comme aujourd’hui, la perception est ouverte aux heures prévues / Et oui on attendra pas 8h pour saler votre route si il gèle.
l’adaptabilité, car oui les services publics n’ont pas attendu notre président pour se moderniser et suivre les évolutions de notre société.
Pour prendre en charge efficacement l’intérêt général, on a besoin d’agentes et d’agents qui travaillent ensemble avec des droits et des obligations communs garantis par la loi,
C’est ce que permet le statut  !
Si l’on voulait réellement améliorer la fonction publique, de multiples pistes existent. Et d’abord conduire un vrai débat avec l’ensemble des parties prenantes, agents, usagers, élus, entreprises sur les besoins de services publics  ; puis impulser une véritable gestion prévisionnelle des emplois et des qualifications  ; mettre l’accent sur la formation initiale et continue des fonctionnaires, favoriser le travail en équipe.
Il faut aussi, en rompant avec une gestion à la performance, miser sur la responsabilité et le sens du service public des fonctionnaires.
Mais ce n’est pas ce qui est prévu. Au contraire, dans les discussions avec le secrétaire d’état de la Fonction publique préfigurant le comité d’action publique -CAP 22- on s’aperçoit que la volonté de minimiser la place des délégués du personnel est toujours présente. Fin des CHS-CT (comme si les futures réformes n’allaient pas provoquer stress, tension, voir plus), rôle des commissions paritaires réduit au minimum.
Macron dès septembre 2015 avait déclaré : « le statut n’est plus adéquat »
Nous lui répondons : « Le statut n’est peut-être plus adéquat pour permettre à votre oligarchie de continuer de s’engraisser
mais il est approprié pour garantir à tous nos concitoyennes et concitoyens une fonction publique / neutre, / indépendante / et garante de l’égalité sur tout le territoire ».