Je les ai rencontré.e.s

paru le jeudi 14 décembre 2017 , par Webmestre FSU58

Elles/Ils supportent tout ceci. Ce qui leur est incompréhensible, c’est le refus de titre de séjour alors qu’ils/elles ont trouvé un emploi. Terrible de se sentir indésirable quand on fait tout pour se faire accepter et rendre service. Ils sont poignants ces témoignages parce qu’ils ont un visage, un prénom, un sourire, ici à Nevers ...

Je les ai rencontré.e.s ...
Ils ont une énergie incroyable ; ils avaient des autorisations de séjour, ils n’en ont plus. Pourtant ils continuent d’y croire et travaillent avec une détermination sans faille à apprendre le français, à vouloir que leurs enfants soient exemplaires, à vouloir s’intégrer : ils participent à l’activité d’associations, font du bénévolat, se démènent pour être acceptés ou ne serait-ce que « tolérés » en France.

Leur sort et les désillusions sont terribles mais elles ne sont rien au regard de ce qu’elles/ils ont laissé ... il y a une grande majorité de femmes, seules avec leurs enfants et emplies de désespoir face aux décisions administratives destinées à les décourager, à les faire craquer. Pourquoi ne baissent-elles pas les bras ? Sans doute parce ce qui les attendrait dans le pays si elles acceptaient l’aide au retour serait pire que la peur d’être à la rue, sans argent, sans toit, sans allocation, sans couverture sociale, sans possibilité de payer le traducteur, sans possibilité de se déplacer sauf à prendre le train sans billet pour déposer des documents à Dijon.

Elles/Ils supportent tout ceci. Ce qui leur est incompréhensible, c’est le refus de titre de séjour alors qu’ils/elles ont trouvé un emploi. Terrible de se sentir indésirable quand on fait tout pour se faire accepter et rendre service. Ils sont poignants ces témoignages parce qu’ils ont un visage, un prénom, un sourire, ici à Nevers ...

Mais, ce qui leur est insupportable au-delà de tout, c’est l’angoisse, la terreur qui saisit leurs enfants : souvent nés en France, ils savent la panique de leurs parents quand il est question de refus d’asile, d’expulsion du territoire. Alors, démunis face à l’aberration et cette épée de Damoclès permanente, les enfants ont des peurs : peurs que leurs parents soient arrêtés, peur d’un retour dans un pays inconnu où les filles sont excisées et violées et où les enfants n’ont pas une vie d’enfant.

Les enseignants sont en première ligne pour voir les résultats scolaires de leurs élèves « chuter » voire leurs comportements se dégrader quand la situation administrative devient chaotique. Comment être réceptifs aux contraintes de l’école quand on dépend de la charité publique pour se vêtir, s’alimenter ou .... répondre aux attentes en matière de fournitures scolaires ou de recherche sur internet pour réaliser un exposé ...
Ici, dans la Nièvre, avec la Cimade, le MRAP, la FSU, l’AFPLI, le PCF, la CGT, EELV, des solidarités se tissent mais l’obstination de la Préfecture est .... quel mot trouver ????

La FSU au niveau national a adressé des communiqués autant qu’il le fallait par rapport à la situation des sans-papiers et notamment les jeunes majeurs et les mineurs isolés (que l’administration essaie de faire passer pour des majeurs pour s’en débarrasser) : « Pourquoi ajouter du drame à l’horreur ? « demande-t-on au Président de la République, au ministre de l’intérieur, au Préfet. Quelle honte !

Nous continuons de vous inviter au cercle de silence mensuel le 3ème samedi de chaque mois Place Guy Coquille à Nevers de 15h00 à 15h30, la Préfecture surveille sa fréquentation ... La résistance est nécessaire si nous voulons nous regarder dans la glace et répondre de la politique européenne face à nos descendants ... Osons rester humains ! Pascale Bertin

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