Accueil > FSU 58 > Actions > Communiqués > Résumé du stage "durer dans le métier" ... peut- on être super championne (...)

Le succès de ce stage montre à quel point l’allongement de la carrière et les difficultés rencontrées dans notre métier poussent à réfléchir aux stratégies de survie des collègues. Résumé

Super championnes et super champions pendant 40 ans ?

« Je me porte bien à partir du moment où je me sens capable de porter la responsabilité de mes actes », selon la définition de Georges Canguilhem citée par Françoise Carraud. Elle a tourné son regard d’enseignant-chercheur en sciences de l’éducation vers celles et ceux qui se sentent bien efficaces et qui nous apportent ainsi des ressources dans cette réflexion.

Elle constate l’absence de reconnaissance professionnelle par l’institution et les collègues qui durent en bonne santé dans le métier d’enseignant.e s’en passent. Elle conseille : " A nous, professionnel.les de construire nos propres sources de reconnaissance dont l’expérience se solidifie quand elle se parle." « On est un collectif de travail quand on peut s’engueuler sur le travail ». Deux types de jugements sont constatés : celui qualifié de « beauté » qui est porté par les pairs, précieux dans les moments informels et le jugement d’"utilité " qui se construit avec l’institution, les parents et même les élèves.

« CENTRATION SUR L’ACTIVITÉ RÉELLE » et cadrage :

Un des principes est que tout le monde veut bien faire son travail parce qu’il y trouve une source de satisfaction. Il s’y glisse toujours un écart entre l’activité réelle et le cadre de travail est cadré (contrat, programmes, local, horaires, bâtiment …) Or, personne, nulle part ne se conforme à ce cadrage. Il y a une nécessité de réadapter, réinterpréter ce qui s’opère en fonction de ses valeurs personnelles et professionnelles pour faire LE bon travail. Donc plus les prescriptions seront fortes et plus il y aura nécessité à prendre des libertés pour conserver voire augmenter son autonomie qui se réalise par le biais de la pensée critique.

Il convient de s’organiser pour résister au mode de management actuel qui inscrit l’Éducation Nationale dans le changement permanent. Frédéric Saujeat indique que chacun.e s’attache à bien « faire son travail malgré tout ».

Si l’on fait de son expérience une ressource pour travailler, personne ne peut pour autant être super champion.ne pendant 40 ans de sa vie professionnelle.
Or l’institution invisibilise les personnels en fin de carrière qui ont pourtant plus de 50 ans pour 50% d’entre eux et ont encore une quinzaine d’années à effectuer. Selon l’INSEE, l’âge moyen dans le 1er degré est de 58 ans et de 61 ans dans le 2d degré. Le report de l’âge de la retraite à taux plein a provoqué, associé à une masteurisation notamment, des entrées plus tardives dans la profession.

Il faut, à la fois s’appuyer sur son expérience professionnelle mais aussi requestionner la routine qui peut entraver sa capacité d’agir (ex : l’accueil en maternelle). Cette plasticité professionnelle suppose des ajustements décidés par soi mais non subis.

On constate nécessairement une« stratégie de préservation de soi », par tranches de 7 ans. S’économiser au travail , c’est aussi un travail et l’institution aurait intérêt à ce que les enseignants puissent durer.

Comment alléger le coût du travail : (à l’intérieur de l’institution). On peut s’engager de manière sélective, participer à moulte projets ou non, avoir recours au temps partiel mais c’est ambivalent selon qu’il est choisi ou contraint, changer de cycles pour diversifier son activité ou devenir TRB. Le soutien social (familles, proches) joue également un rôle.

CONCLUSION

Durer en bonne santé est toujours fragile car suppose de mobiliser des stratégies qui ne sont jamais stables. Elles génèrent des tensions entre s’engager, se développer professionnellement et lever le pied pour vieillir au travail et non par le travail.