Accueil > Instances de concertation > CTSD > Un CTSD de rentrée le 2 septembre : la FSU avait déjà beaucoup à (...)

Voici la déclaration de la FSU car les sujets ne manquaient pas : port du masque, postes, RASED gelés, manque de créations de postes, AESH

Déclaration CTSD du 2 septembre 2020

L’herbe est plus verte en Belgique ... là-bas, toute latitude est donnée aux établissements scolaires pour identifier difficultés et retards d’apprentissage « par les moyens qu’ils jugent adéquats » : observation des élèves, évaluation formative, concertations croisées avec les enseignantes et enseignants de l’année précédente. Pour mettre en place des « dispositifs de différenciation et d’adaptation » consacrés aux apprentissages empêchés par le confinement, les équipes pourront bénéficier du soutien et de l’accompagnement de conseillers, afin de « construire collectivement des démarches pédagogiques, des outils pour leurs cours ». En France, le SNUipp-FSU fait cette même demande auprès du ministre depuis début juillet avec encore plus d’arguments que les années précédentes. Ce n’est pas d’évaluations standardisées dont les collègues ont besoin.

La circulaire de rentrée conseille de faire appel aux RASED dans l’aide à la remédiation des difficultés, encore faudrait-il que les postes ne soient pas gelés ...

Nous ne partageons pas la sérénité qu’affiche le ministre tant au départ du Tour de France qu’en cette rentrée. Ce Blanquer 2 est à s’y méprendre le sosie de Mr Blanquer 1er : les décisions sont communiquées par voie de presse avant que d’être envoyées aux enseignant.es sur leurs boîtes professionnelles. Et que dire de sa proposition, à nouveau entendue dans les médias, de faire classe en plein air pour que les élèves profitent d’un professeur non masqué quand dans le même temps, le protocole sanitaire affirme le port obligatoire du masque même en extérieur. On serait en droit d’attendre plus de cohérence. En tout état de cause, puisque la ministre du Travail annonce sur une chaîne radiophonique qu’effectivement, elle dressera, je cite « la liste des activités qui par nature, sont difficilement compatibles avec le port du masque », nous pouvons à juste titre considérer qu’au-delà du temps consacré à l’étude des sons en CP, nous, enseignant.es avons toute légitimité à mettre temporairement de côté ce masque quand nous sommes à deux mètres des élèves et ne postillonnons que sur notre bureau.
Et celles et ceux qui prétendent que porter un masque n’est pas un problème, sont des personnes qui ne portent pas de lunettes car les masques fournis par l’EN, sans pince-nez génèrent de la buée. C’est une remarque qui peut paraître dérisoire mais en ce moment, à la FSU, nous vous parlons du vrai métier dans la vraie vie.

Nous ne sommes pas certains que seuls les enjeux sanitaires et pédagogiques ont guidé la rédaction de ce protocole ...Mais une problématique reste toujours sans réponse : qu’en est-il de la reconnaissance en accident de service des personnels ayant contracté la covid-19 ?
Que dire d’un.e enseignant.e qui a de la température, serait venu travailler avec un doliprane (une étude récente parle de présentéisme, de ces salariés français qui vont travailler, même malades), qu’en est-il donc de l’enseignant.e qui, dans l’intérêt général se doit de rester chez lui mais voit un jour de carence ôté de son salaire ?

Pour la FSU,l’enjeu de cette rentrée c’était la mise en place d’une organisation durable ; or, aucunes consignes n’ont été données aux municipalités ou aux établissements du second degré qui auraient recommandé l’installation de robinets supplémentaires car là aussi, il faut être concret et, par exemple, le lavage des mains pose problème dans certaines écoles.

L’affichage porte plus sur le sanitaire que sur le volet pédagogique : certes, nous pouvons pratiquer la chorale en plein air mais ce sont des moyens supplémentaires dont l’École a besoin ; or, des postes budgétés dans le second degré ne sont pas affectés : c’est sans aucun doute, du jamais vu, comme si ces postes étaient superflus !!! Il s’agira pourtant, durant cette année scolaire, de panser les plaies des enfants qui ont souffert du confinement et du manque d’école ainsi que celles des collègues qui ne sortent pas tous indemnes de cet épisode.

Le SNES-FSU avait demandé des adaptations transitoires des programmes pour tenir compte de la période où les élèves n’ont pu bénéficier d’un enseignement en présentiel nettement plus efficace que la continuité pédagogique. Le ministre a choisi de ne faire aucune adaptation. Il place ainsi par exemple les élèves de terminales qui passent leurs épreuves de spécialité dès le mois de mars dans une situation où ils doivent assimiler la totalité du programme déjà souvent lourd tout en rattrapant les trois mois où ils ont été éloignés de l’école l’an dernier. Les enveloppes d’HSE attribuées dans les établissements en cette rentrée pour du soutien ne pourront palier ces problèmes, d’autant plus que la réforme du lycée transforme les emplois en grille infernale où il sera bien difficile de placer des séances de soutien pour les groupes d’élèves nombreux qui en auront besoin. Rappelons que dans le même temps les taux d’encadrement baissent encore dans le second degré avec 22000 élèves en plus pour 440 postes d’enseignants en moins au niveau national. Ces choix pédagogiques et budgétaires ne feront qu’accroître au lycée et dans le second degré les effets négatifs des réformes du bac et du lycée.

Du point de vue du nombre de postes, là encore, l’herbe est plus verte en Italie où un recrutement massif de personnels a lieu aussi bien pour encadrer les groupes d’élèves que pour l’enseignement.