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Comme Jean-Michel Blanquer, chacun aurait souhaité un retour normal à l’école.

On le voit depuis ces derniers jours : c’était illusoire de penser que la rentrée à l’école serait normale. Et surtout de nous faire croire que tout était sous contrôle. Si on ne pouvait que vouloir ce retour à la normalité, la FSU a demandé au ministre de l’Éducation Nationale depuis le début de l’été un minimum de règles, d’informations et surtout l’anticipation nécessaire qui auraient permis que l’angoisse et le stress déjà vécus au printemps par les personnels et les parents d’élèves ne resurgissent aussi vite.

On ne peut penser à propos des écoles, des collèges et des lycées comme on raisonne au niveau d’une famille.

Deux semaines après la rentrée et quelques cas positifs chez des élèves dans la Nièvre et beaucoup de cas suspects plus tard, le désordre règne et la stratégie (s’il y en avait une) adoptée pour l’instant montre ses limites. Vouloir limiter la maladie en testant les cas contacts peut fonctionner si nous sommes dans le cadre familial mais dans une école "normale" ce n’est pas possible, le nombre et les interconnexions y étant beaucoup plus importants. Et le respect des gestes barrières est compliqué à mettre en oeuvre parfois, comme le lavage des mains, par exemple, faute de points d’eau proches des classes…

Tricoter et détricoter.

Les protocoles à peine remis aux parents, il faut déjà tout changer. La FSU dénonce le rôle qu’on fait jouer aux enseignant.es censé.es expliquer un jour le contraire de ce qui avait été dit la veille, à l’occasion des réunions de rentrée, par exemple. Ceci ne donne pas une image de sérieux !

D’ailleurs l’Éducation Nationale réagit en limitant maintenant le brassage des élèves, demandant ainsi aux directeur.trice.s d’école, aux principaux de collèges et aux proviseurs de refaire leur protocole, deux semaines après en avoir établi un sur la base d’un protocole reçu la veille de la rentrée. Comme exemple d’anticipation, on peut mieux faire Monsieur Blanquer. En conséquences, les emplois du temps doivent être revus, les déplacements dans les établissements changés, l’organisation des salles modifié, les horaires repensés… L’obstination du ministère dans le maintien d’un protocole ne correspondant plus à la situation sanitaire et se paie maintenant en conditions de travail toujours plus dégradées et sources d’angoisse pour les enseignant.e.s.

Si on ajoute à ce tableau la distribution aux enseignants de masques en tissu pour lesquels l’ARS de Bretagne dit qu’ils sont “une protection insuffisante et les enfants” et que pour cela, les enseignants “seront donc considérés comme « contacts à risque » si un enfant de leur classe est testé positif au Covid 19, la FSU va à nouveau interpeller énergiquement la directrice académique lors du prochain CHSCT. De même l’ensemble des enfants d’une classe sera considéré comme contact à risque si un personnel", s’il porte un masque en tissu, " est testé positif ”. C’est déjà ce que disait l’Agence de sécurité sanitaire Santé Publique France au mois de mai (https://www.santepubliquefrance.fr/dossiers/coronavirus-covid-19/covid-19-outils-pour-les-professionnels-de-sante).

Ainsi il est préconisé de fournir des masques chirurgicaux aux enseignant.es, seuls à même de protéger les personnels, surtout face à des enfants non masqués comme c’est le cas dans les écoles primaires. Ce sont ces mêmes masques chirurgicaux qui doivent être fournis aux personnels vulnérables mais qui ne sont toujours pas arrivés dans les établissements. Le SNUipp-FSU s’est adressé solennellement au ministre le 10 septembre.

Tirer les leçons du printemps.

L’école a besoin aussi d’un plan de relance parce que chacun a pu apprécier le rôle qu’elle a à jouer dans la société actuelle et pendant cette crise. Le scénario de l’automne s’annonce très compliqué : Quand de nouveau les enseignant.e.s devront accueillir des élèves dans leurs classes, tout en assurant l’enseignement à distance pour les élèves en "septaine" et les enfants malades, quand certain.es seront malades et donc dans l’incapacité de travailler, nous regretterons amèrement que les moyens n’aient pas été mis dès le début de cette année scolaire pour éviter la submersion. Cela s’appelle la prévention et la FSU constate que ce n’est toujours pas dans l’ADN du ministère de l’Éducation Nationale.