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Confinement et déconfinement de l’école : retour sur une période inédite et sur la place des délégués du personnel au CHS-CT

La première intervention des délégués du SNUipp-FSU a été immédiate en demandant une audience à la DASEN (sans réponse de sa part) pour qu’ils puissent lui faire valoir leur avis sur la gestion de ce début de crise. Premier hic, alors que le Président de la république impose à tous les citoyens de rester chez soi, notre hiérarchie demande de réunir les enseignants, les AESH dans les écoles. Grâce à l’intervention du SNUipp-FSU, cet ordre incohérent a pu être annulé mais la débrouillardise - qui va devenir la règle - commence. « L’école à la maison », l’outil du CNED mis en avant rapidement par le ministre s’avère inadapté (au moins au niveau de la capacité de ses serveurs informatiques) et les enseignant·e·s vont tâtonner et expérimenter en oubliant les lois, les principes de sécurité informatique et de protection des données personnelles mais l’important était de continuer d’enseigner. Un premier acte de prévention a été, pour les délégués du personnel, de demander (et obtenir) qu’une information sur les risques liés au travail au distance soit donnée aux professeur·e·s.

Dès le début du confinement les délégués FSU du CHS-CT de la Nièvre ont demandé la tenue de leur instance. Si la santé, la sécurité et les conditions de travail étaient impactées, c’était bien pendant cette période. De plus, le ministère demandait la tenue de ces réunions le plus rapidement possible.

Pourtant il faudra qu’ils fassent intervenir les délégués de la FSU au niveau national et académique pour que la DASEN daigne convoquer un premier CHSCT en visioconférence, un mois après le début du confinement. Pendant ce temps là, il a fallu rappeler à notre hiérarchie départementale que l’objectif premier pendant la pandémie était de ne pas laisser s’étendre la maladie et donc que l’accueil des enfants de personnels indispensables à la gestion de la crise ne devait pas se faire n’importe comment. Ainsi nous avons écrit à des inspecteurs de l’Education Nationale pour réagir à leurs consignes écrites ou orales qui n’assuraient pas les conditions de sécurité et de santé optimales.

Nous avons aussi demandé un protocole d’accueil clair et précis et devant l’absence de réponses à cette demande, nous avons envoyé par mèl aux écoles les protocoles établis (avec les délégués CHSCT-FSU) d’autres académies.
A partir de fin avril (et toujours en œuvre), un groupe de travail (toujours en distanciel) a réuni des délégués du CHSCT de la Nièvre, le conseiller de prévention départemental et Mme la secrétaire générale de la DSDEN.

Grâce à lui, les représentants du personnel ont pu alerter, apporter leur expertise (issu des nombreux échanges avec les collègues et d’une enquête) et proposer des solutions pour que la souffrance qui s’installait dans la profession soit traitée par des mesures pour soigner celle-ci (ouverture maximale d’espace de parole à laquelle les délégués du personnel ont participé) ; mais aussi par des mesures en amont comme celles visant à faire confiance dans le professionnalisme des enseignant·e·s et à ne pas ajouter des charges supplémentaires dans ces moments particuliers (les demandes concernant les passages dans les classes supérieures et AFFELNET ont été particulièrement mal vécues par les collègues concernés et en premier lieu les directeurs·trice·s).

Quand notre monarque a annoncé le déconfinement et la réouverture des écoles pour le 11 mai, ce fut encore la stupeur ! Rien n’a été anticipé pour cette reprise et il a fallu encore faire dans l’urgence, se débrouiller. Attendre des textes sur lesquels on devait s’appuyer, les décrypter, les traduire pour en tirer une version adaptée à chaque situation. Si la question de la pré-rentrée a été réglée parce que la présidente de région a pointé du doigt le problème des transports scolaires, la question de qui devait reprendre n’a pas manqué de créer des tensions inutiles.

Quand le ministre, la rectrice disaient que seuls les gandes sections, les CP et les CM2 (plus les CE1 dédoublés) devaient être accueillis dans un premier temps, dans notre département, le forcing était fait pour admettre tout le monde (dès la petite section dans certains cas). La souplesse promise au plus haut niveau de notre ministère s’ankylosait jusqu’à l’absurde quand les livraisons de masques montraient que ceux-ci ne permettaient que d’équiper les enseignants de ces dits-niveaux et en oubliant les AESH. Et que dire de la formation prodiguée par les infirmièr·e·s de l’Education Nationale ?

Là encore, les délégués du personnel sont intervenus à plusieurs reprises et ont conseillé les collègues pour que les protocoles d’accueil dans les écoles soient de leur ressort, débattu en équipe et conforme aux réalités locales. C’est ainsi que nous avons lancé un droit d’alerte pour permettre aux enseignants d’exercer leur droit de retrait s’ils estimaient que leur sécurité n’était pas assurée. Dès le mois d’avril et profitant d’un Conseil départemental de l’Education Nationale, nous avions sollicité la préfète pour que les consignes données par le ministère de l’Education Nationale soient transmises aux municipalités et qu’un suivi soit fait de sorte que les directeur·trice·s ne soient pas encore mis en porte-à-faux dans la position de celui qui réclame encore et toujours. Et pourtant c’est encore ce qui est arrivé : produits d’entretien, personnel supplémentaire, protocole communal, formation des agent·e·s d’entretien… Si dans la plupart des cas les choses se sont bien passées, il faut quand même signaler des écoles qui ont ouvert et qui ont dû refermer faute de désinfection des locaux…

Les délégués du SNUipp-FSU ont pointé du doigt le problème de la gestion du présentiel et du distanciel. Quand, pendant le confinement, nous disions déjà que ce distanciel pouvait être chronophage, on a accepté que des collègues aient leur classe 3 jours pour quelques élèves et une seule journée pour tous les autres. Nous avons demandé la mobilisation de tous pour y arriver et que les solutions les plus acceptables soient partagées. Nous avions même proposé un formulaire rapide à remplir pour y parvenir.

Pour conclure, si le début de la crise a été source de conflit avec notre administration locale, nous avons pu ensuite être plus constructif ensemble (même si il faut encore intervenir pour par exemple s’interroger sur l’intérêt de remplir des documents pour la liaison CM2/6ème comme si de rien n’était). Les délégués du personnel permettent de représenter les agent.es, permettent de vous représenter auprès de notre employeur. Les IEN sont des maillons entre la DASEN et les enseignant·e·s mais ne peuvent pas nous représenter auprès d’elle. Seuls les délégués du personnel vous défendent dans toutes les situations qui le réclament.